Du nouveau à la Bleuetière Grande-Rivière-Sud

YAMACHICHE. La Bleuetière Grande-Rivière-Sud de Yamachiche entame sa saison 2022 avec quelques nouveautés en vue. En plus de la cueillette de framboises, de bleuets et de pommes, l’entreprise est en train de s’installer une serre pour produire ses nouveaux plants de bleuets et vendre des plants de légumes à sa clientèle. 

“La serre sera prête au printemps prochain, indique Danny Lavallée, copropriétaire de l’entreprise. Ça va servir à faire nos boutures de plants de bleuets. On avait arrêté de le faire il y a quelques années, mais on va recommencer parce que les prix ont explosé. On va aussi rentabiliser la serre en faisant des plants de légumes qu’on va vendre aux gens pour leurs potagers personnels. Il y a une forte demande pour ça.” 

Produire ses propres plants de bleuets n’est pas une mince affaire. Ça demande beaucoup de temps et de travail. “Chaque année, on prend les tiges nouvelles qui poussent des plants. Quand elles sont belles, on les coupe. Ça nous donne des branches d’environ 4-5 pouces de long. On les plante dans la terre et quand le plant est bien pris, on le transplante pour deux ans. Les boutures passent une année complète dans la serre. Après, on les met dehors à l’automne et on les recouvre d’une couverture. L’année d’après, on les replante”, énumère M. Lavallée. 

Ces prochaines années, il prévoit en faire entre 4 000 et 6 000 annuellement pour remplacer les plants qu’il a perdus lors de la dernière saison. “La saison 2021 a été difficile pour nous, rappelle-t-il. Le gel et le manque d’eau nous ont causé bien des maux de tête. Même si on a irrigué le sol, ce n’était pas suffisant. Les plants ont manqué d’eau et ce printemps, on a constaté que tous les plants d’une même variété ont écopé. On est en train de faire des analyses de sol pour bien comprendre ce qui s’est passé.”

Par la suite, lorsque la production aura repris son cours normal, M. Lavallée prévoit produire annuellement environ 3 000 boutures. À cela s’ajoute le travail sur les 36 acres de culture de bleuets, sur les 7 acres de plants de framboises et dans le verger qui compte un peu plus de 100 pommiers.

Un brin d’histoire

La terre sur laquelle se trouve la bleuetière est cultivée depuis plusieurs décennies. “Mes grands-parents maternels, Gilles et Gisèle Garceau, avaient parti ça il y a 40 ans, raconte Danny. Ils avaient des champs de tabac au départ, mais voyant la tendance, ils se sont orientés vers les bleuets par la suite. En 1996, ils ont vendu leurs séchoirs à tabac et se sont lancés dans la production de bleuets. Ils ont fait ça pendant 25-30 ans.”

De leur côté, Danny et son père Daniel Lavallée ont pris la relève de l’entreprise il y a 15 ans. Ils ont commencé par louer la terre pendant cinq ans avant de l’acquérir. “Quand on a racheté l’entreprise, c’était seulement des bleuets. Il y avait 25 000 plants. Avec les années, on a grossi la production. On est maintenant rendu à 33 000 plants.”

Sachant qu’un plant prend sept ans avant d’atteindre sa maturité, les associés ont travaillé fort pour en arriver là. “C’est un investissement à long terme”, précise Danny. 

Avant la pandémie, l’entreprise accueillait entre 500 et 600 personnes par jour durant la saison. En 2020, en pleine pandémie, elle recevait jusqu’à 1 200 personnes par jour, soit le double. Et cette année? Eh bien, l’avenir le dira, mais l’engouement ne semble pas s’essouffler.