Happening politique 2019: les candidats font valoir leurs idées

YAMACHICHE. Quelques heures seulement avant le premier débat francophone télévisé de la campagne électorale fédérale, lequel mettait en vedette les principaux chefs des formations politiques du pays, sept des neuf candidats dans la circonscription de Berthier-Maskinongé prenaient part au happening politique 2019, au restaurant la Porte de la Mauricie de Yamachiche, mercredi soir.

Alain Bélanger (indépendant), Josée Bélanger (Parti conservateur du Canada), Ruth Ellen Brosseau (Nouveau Parti démocratique), Martin Acetaria Caesar Jubinville (Parti Rhinocéros), Luc Massé (Parti populaire du Canada), Yves Perron (Bloc Québécois) et Christine Poirier (Parti libéral du Canada) ont accepté l’invitation et ont partagé leurs idées devant près de 70 personnes.

Cet événement sous forme de 5 à 7 organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de la MRC de Maskinongé, en collaboration avec le 103,1 FM et la Corporation de développement communautaire de la MRC de Maskinongé, représentait une opportunité pour la population d’en apprendre un peu plus sur les candidats, leurs priorités, les différentes plateformes des partis politiques et les enjeux locaux.

Cette activité ne permettait toutefois pas d’échanges directs entre les candidats. La formule retenue privilégiait plutôt des temps de parole à chacun des participants en s’adressant au public.

Cinq principaux thèmes avaient été déterminés par les organisateurs, soit l’économie, l’agriculture, la qualité de vie, l’environnement et l’immigration. À leur tour, les candidats ont fait part d’engagements en lien avec ces thèmes.

Tout en rappelant le bilan qu’elle estime positif du gouvernement Trudeau, la candidate libérale Christine Poirier a mis de l’avant un meilleur accompagnement des entrepreneurs, le maintien des compensations pour les producteurs agricoles, l’ajout d’aides financières supplémentaires pour l’agriculture, l’élargissement du mandat de Financement agricole Canada et la mise en place d’une stratégie nationale sur les logements. Elle a confirmé son engagement à défendre la région pour qu’elle profite des investissements en infrastructures de son gouvernement. Mme Poirier souhaite l’ajout d’une taxe sur la spéculation immobilière, la fin de l’utilisation des plastiques à usage unique et l’installation de 5 000 bornes de recharge à travers le pays. Elle a également exprimé sa volonté de mettre fin au suremballage.

Pour sa part, la députée sortante et candidate du Nouveau Parti démocratique, Ruth Ellen Brosseau, a martelé son engagement envers la défense de l’agriculture et des producteurs locaux. Mme Brosseau a indiqué qu’elle poursuivrait son travail avec les acteurs clés du milieu. Elle souhaite une révision du système fiscal afin d’offrir la possibilité aux personnes âgées de retourner au travail sans pénalité, en plus de créer des coopératives de travailleurs pour lutter contre la pénurie de main-d’oeuvre. Elle trouve primordial de protéger la gestion de l’offre dans son intégralité. En matière d’environnement, elle a révélé qu’un gouvernement néodémocrate favoriserait la construction et la rénovation de bâtiments éco-énergétiques, l’abolition des subventions pour les énergies fossiles et supporterait une transition énergétique. Le NPD souhaite bâtir 500 000 nouveaux logements et compte offrir plus d’accessibilité aux logements. Ruth Ellen Brosseau a profité de l’occasion pour dénoncer l’hypocrisie des libéraux, notamment suite à l’achat de l’oléoduc Trans Mountain en Alberta. Après avoir salué le travail du Service d’accueil des nouveaux arrivants de la MRC de Maskinongé, elle a enchaîné en proposant d’offrir un statut d’excellence aux travailleurs étrangers qui reviennent année après année pour faciliter leur retour et leur intégration.

De son côté, Alain Bélanger souhaite favoriser le transport en commun. Il a exposé l’idée de s’assurer que les entrepreneurs recrutent localement leur main-d’oeuvre et que le gouvernement protège et aide réellement les producteurs agricoles. Il vise d’améliorer la qualité de vie des citoyens de façon générale, de réduire l’enfouissement de déchets tout en favorisant la récupération, d’éviter la surconsommation et l’achat de produits chinois. Selon lui, de petits gestes concrets peuvent faire la différence. En matière d’immigration, il estime que le gouvernement devrait accepter seulement les immigrants dont la langue est le français afin de respecter la culture québécoise.

Le candidat du Bloc Québécois, Yves Perron, est d’avis que le gouvernement doit faciliter l’intégration des immigrants, le déplacement de ces gens, favoriser le partage des travailleurs dans le monde agricole et compte protéger le système de gestion de l’offre dans le monde agricole. Il croit important d’indemniser les fermes et les producteurs agricoles suite aux brèches créées par le gouvernement précédent suite à l’entente survenue au sujet de l’ALENA. Il aimerait que le fédéral procède à la création d’un fonds d’aide d’urgence pour le milieu agricole. M. Perron a aussi abordé l’accessibilité aux logements sociaux, l’ajout d’autres crédits d’impôts, notamment pour les rénovations éco-énergétiques. Il compte mettre des efforts dans la prévention de l’itinérance. Il a souligné l’importance de se doter d’une politique de souveraineté environnementale, de respecter les choix des provinces et des municipalités, de mettre en place une péréquation verte, de favoriser l’électrification des transports, d’offrir plus de soutien aux familles à faible revenu, d’adopter une “loi émission zéro”, de protéger les berges des cours d’eau, de retirer les obus du lac Saint-Pierre et de mettre en place un programme d’aide pour les rénovations vertes. Pour lui, il est hors de question d’appuyer les projets d’oléoduc. Il a souligné qu’il menait une campagne électorale carboneutre et a invité les autres candidats à faire de même. Sur le thème de l’immigration, Yves Perron souhaite que le Canada facilite l’intégration et l’accueil des immigrants, offre un meilleur support au Québec et qu’il serait préférable de régionaliser l’immigration. Selon lui, des organismes, comme le SANA de la MRC de Maskinongé, méritent un meilleur financement. Il a conclu en rappelant qu’il était essentiel d’assurer l’égalité entre les hommes et les femmes. Le candidat croit fermement que les nouveaux arrivants doivent apprendre le français aussitôt qu’ils sont accueillis.

Luc Massé, candidat du Parti populaire du Canada, a quant à lui défendu l’abolition de la taxe sur les produits et services pour permettre aux citoyens d’avoir plus d’argent. Il croit que le Canada doit accueillir moins d’immigrants, mais accueillir les meilleurs. Le Parti populaire du Canada entend racheter les quotas des producteurs agricoles afin d’offrir plus de liberté et plus d’argent aux entreprises agricoles, tout en s’assurant que le secteur  agroforestier ne soit pas mis de côté. Il a aussi profité de l’occasion pour annoncer que sa formation politique établirait trois paliers d’imposition. En environnement, le PPC entend préserver les réserves d’eau potable à travers le pays et compte mettre en place des normes strictes pour améliorer la qualité des cours d’eau. M. Massé a invité le public a consulté la plateforme complète du parti en ligne pour connaître tous les engagements.

La candidate conservatrice Josée Bélanger compte offrir des responsabilités précises à deux de ses employés au bureau de comté afin de s’occuper spécifiquement des entreprises et des organismes et une autre ressource dédiée aux entrepreneurs agricoles. Elle aimerait soutenir davantage le milieu agricole. Selon elle, le Canada doit avoir un premier ministre qui se tient debout devant les pressions externes. Elle juge que seul les conservateurs ont la ferme intention de réduire l’endettement des ménages et des gens seuls. Mme Bélanger compte appuyer le train à grande fréquence, de même que l’enjeu de la protection des berges. La candidate croit important de mettre fin aux déversements des eaux usées dans les cours d’eau. Son parti aimerait offrir des crédits d’impôts pour les rénovations vertes. Josée Bélanger favorise l’achat local et le développement des technologies vertes. En matière d’immigration, la conservatrice propose de reconnaître et de soutenir les organismes locaux, d’améliorer l’accès aux travailleurs étrangers, d’élaborer un système d’immigration ordonné et compatissant et de laisser plus d’autonomie au gouvernement provincial.

D’un point de vue humoristique, le candidat du Parti Rhinocéros, Martin Jubinville, a proposé de faire travailler les enfants, d’augmenter les salaires, d’ouvrir des paradis fiscaux dans chaque province et à Charette, d’utiliser les pipelines pour assurer le transport des bières de microbrasserie et le gin Canopée de la Distillerie Mariana, de donner le goût aux gens de consommer plus de produits laitiers, de s’occuper de la gestion de la demande plutôt que de la gestion de l’offre, de raser des forêts pour offrir plus de terres aux producteurs agricoles, d’offrir des billets de loterie aux entrepreneurs agricoles lors des moins bonnes années, de forcer la cohabitation des citoyens, d’abolir le droit à la propriété, de voter la loi du moindre effort, d’utiliser des pailles de plastique pour construire les réseaux d’aqueduc, de mettre sur les routes plus de voitures vertes, vertes pâles et verte foncées, de demander aux gens d’ouvrir leurs fenêtres de maison en utilisant au maximum leur appareil de climatisation pour réduire le réchauffement de la planète, de brûler les énergies fossiles et finalement d’abolir l’environnement. Il croit d’ailleurs en l’importance de faire passer un test d’humour aux immigrants avant de les accepter au Canada, d’ouvrir la voie à l’immigration robotique et enfin de construire un mur entre Trois-Rivières et le comté de Berthier-Maskinongé et de refiler la facture à la Ville de Trois-Rivières.

La majorité des candidats présents ont convenu qu’il était prioritaire d’alléger le processus administratif d’immigration. Tous s’entendent aussi pour offrir des incitatifs fiscaux pour faciliter le retour au travail des personnes âgées qui le souhaitent afin de régler une partie du problème de la rareté de la main-d’oeuvre.

À la fin de l’exercice, les candidats ont répondu personnellement aux questions des citoyens, et ce, de façon individuelle.